Quand Jacques Brel parle d’amour

Les chansons de Brel c’est de l’humain brut taillé finement par le verbe. Il montre l’homme dans ses contradictions, ses épreuves, son vivant, avec tragique souvent mais avec aussi, parfois, une pointe d’humour.

Et quand Brel parle d’amour, on s’y retrouve tous.

 

Dans « Mathilde est revenue » Brel se depeint amoureux. L’amour devient un combat entre corps et esprit dans une vaine quête de maîtrise des émotions.

«  Et vous mes mains restez tranquilles
C’est un chien qui nous revient de la ville
Mathilde est revenue
Et vous mes mains ne frappez pas
Tout ça ne vous regarde pas
Mathilde est revenue
Et vous mes mains ne tremblez plus
Souvenez-vous quand je vous pleurais dessus
Mathilde est revenue
Vous mes mains ne vous ouvrez pas
Vous mes bras ne vous tendez pas
Sacrée Mathilde puisque te v’là »

Dans  « La chanson  des vieux amants », c’est la sincérité qui frappe.

L’amour est là malgré le temps, et c’est d’autant plus beau que les difficultés qu’il amène avec lui ne sont pas passées sous silence. A coup de « bien sûr » il assène l’évidence et c’est encore une fois l’Homme dans toute sa complexité qui est magnifiquement décrit.

 

« Bien sûr, nous eûmes des orages
Vingt ans d’amour, c’est l’amour fol
Mille fois tu pris ton bagage
Mille fois je pris mon envol
Et chaque meuble se souvient
Dans cette chambre sans berceau
Des éclats des vieilles tempêtes
Plus rien ne ressemblait à rien
Tu avais perdu le goût de l’eau
Et moi celui de la conquête »

 

Quand il parle des adieux d’un jeune couple dans Orly, c’est la brutalité de la rupture absurde qui prend à la gorge. L’instant se fait éternité et la femme devient solitude.

 

« Elle a perdu des hommes
Mais là elle perd l’amour
L’amour le lui a dit
Revoilà l’inutile
Elle vivra ses projets
Qui ne feront qu’attendre
La revoilà fragile
Avant que d’être à vendre »

 

Voilà pour le tragique. Mais quand il parle de la conquête (souvent ratée), c’est avec humour que ce soit dans « les bonbons » où il finit par courtiser la fameuse Germaine qui est « moins belle » ou dans « Madeleine » qui n’arrivera pas. Quand aux concessions dans le couple, c’est encore pour nous faire sourire dans « Vesoul ».

« T’as plus aimé Paris
Et on a quitté Paris
T’as plus aimé Dutronc
Et on a quitté Dutronc
Maintenant je confonds ta soeœur
Et le mont Valérien
De ce que je sais d’Hortense
J’irai plus dans l’Cantal
Et tant pis pour Byzance
Puisque j’ai vu Pigalle
Et la gare Saint-Lazare
C’est cher et ça fait mal
Au hasard »

 

Bref, Brel un grand humain à écouter, ré-écouter, ré-ré-écouter…

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